Fifty Shades of Luann

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Fifty Shades of Luann

Message par Luann le Jeu 7 Fév - 11:35

Cinquantes nuances de Lune

Chapitre un: L'exil

Quand elle fermait les yeux, Luann pouvait voir son propre cœur, petit et gris, poli comme un galet par la mer. Mais aujourd'hui, son cœur était comme un oiseau qui se débat le long des parois d'une grotte obscure. Son esprit s'évadait vers les grottes de la mer de lave et elle voulait être là bas, sous les hauts rochers. En rêve, elle retourna au bord des criques volcaniques et des geysers de feu.


Aujourd'hui, quelque chose lui semblait injuste. Elle ne méritait pas d'être là, jugée, méprisée de tous. Elle était une enfant sauvage que nul n'avait jamais domptée ni menacée. Les Mahos lui avaient pourtant enseigné la prudence. Elle avait su trouver le point faible du grand Crocabulia et avait convaincu Amayiro lui même de l'aider dans sa cause. Mais cette fois, c'était différent. Cette fois, son adversaire avait su calculer tous ses coups, avait contré toutes ses bottes secrètes. Elle rentrait déchue, anéantie.

Sur le chemin du retour, elle sentit son cœur se serrer. Elle pensa à ses amis, le Craqueleur fidèle, le Robuste Dragonet et tous les autres, qui avaient périt lors de ce combat sans pitié. Le chemin qu'elle avait trouvé si simple à l'aller, lui paraissait alors semé d’embûches, plus insurmontables les unes que les autres. Enfin, quand elle atteignit la cité des anges, elle se rendit compte que tout son courage ne suffirait pas à affronter la déception de son mentor. Elle monta à bord du transporteur brigandin et entama sa fuite à l'autre bout du monde.


Pendant cinq ans, elle oublia tout ce que lui avaient appris ses maîtres Mahos. Elle ne pensa qu'à ses pouvoirs. Elle se sentait trahie, trahie par sa puissance qui l'avait abandonnée, trahie par son corps qui ne tenait pas la cadence, trahie par ce monde qui ne cessait de s'assombrir. Sa colère se faisait plus forte chaque jour, à tel point qu'elle l'utilisait pour décupler sa puissance. Les voyageurs qu'elle rencontrait en payaient souvent le prix. Son fouet lui servait à punir ceux qui tentaient de la raisonner, de l'attendrir, ou simplement ceux dont l'avis divergeait du sien. De part ses lectures, elle apprivoisait les ténèbres. De part ses voyages, elle montait une armée. Seuls quelques uns eurent la chance de comprendre que, derrière cette apparence cruelle, se cachait un être extrêmement seul.
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Le soir, dans sa grotte, Luann repensait à son enfance. Elle avait été abandonnée sur une île vierge, à la végétation luxuriante et aux habitants fascinants. Elle avait été élevée par les plus étonnantes des créatures de cette jungle, les Firefoux, des mammifères splendides et forts, qui détenaient une des formes de pouvoir les plus rare au monde : la sagesse. C'est de là qu'elle tenait ses valeurs : le respect, qui lui avait jusque là permis de garder la tête haute ; le courage, qui lui permettait chaque jour de continuer à avancer et enfin le partage,valeur qu'elle avait mise de côté alors qu'elle avait été la clé de son bonheur passé.

Pour la première fois en cinq ans, elle prit conscience que par orgueil elle avait fait une croix sur ce qui la rendait heureuse. Malheureusement, elle ne savait pas comment revenir sur ses pas. La honte rongeait ses entrailles et l'empêchait de se remettre sur les rails. Tapie au fond de sa grotte, elle observait ceux qu'elle avait récupérés sur sa route : aucun d'entre eux ne vaudraient jamais ceux qu'elle aurait perdu, elle le savait. Ils étaient faibles et ignorants. Pourtant, elle s'en contentait, car elle n'avait aucune relation avec ces créatures. Il était moins douloureux de les voir tomber au combat. Au fond, elle savait tout de même que la quête qu'elle s'était donnée ne pourrait pas être menée sans une meute digne de ce nom.

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Mais un jour, alors que Luann et sa troupe étaient à la poursuite d'un bandit recherché par la milice, elle tomba sur ceux qui lui donnèrent enfin la force de repartir. La ville d'Astrub était déserte. Seuls quelques ivrognes se baladaient dans les rues. La lune était masquée par un épais voile de brouillard, ce qui permis à la petite armée de passer totalement inaperçue. Enfin, du coin de l'oeil, Luann aperçu ce bandit sanguinaire. Avec sa queue touffue et duveteuse, fendant le vent comme la foudre, ce ne pouvait être que lui. Fouduglen l'écureuil en personne se dressait devant eux. Enfin, ça c'est le Fouduglen qu'elle s'attendait à voir. En réalité, il ne faisait pas plus de 30 centimètres de haut et sa fourrure rousse était toute souillée. La troupe de mercenaires n'eurent aucun mal à le capturer. C'est en le trainant sur le chemin de la milice qu'ils furent accostés par deux curieux personnages...

à suivre...
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Re: Fifty Shades of Luann

Message par Kagharane le Lun 18 Fév - 23:39

LA SUITE ! LA SUITE !

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Re: Fifty Shades of Luann

Message par Barbe-blacheu le Mar 19 Fév - 0:58

j'ai apprécié cette lecture fort divertissante merci
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Re: Fifty Shades of Luann

Message par Luann le Ven 22 Mar - 13:26


Anne et Moe étaient ensemble depuis … à peu près toujours en fait. Ils s’étaient connus très jeunes, car leurs parents étaient amis. Enfants, ils habitaient tous deux dans un petit hameau près de la forêt maléfique. C’est là-bas qu’ils vécurent leurs toutes premières aventures. En y repensant, Anne se demandait ce qu’était devenu le jeune Moe insouciant et jovial qu’elle adorait. Il s’en était passé, des choses…

- « Moe ! Tu es prêt ?
Moe grommela.
- Ouais, ouais… Pff. Tu es sûre qu’il a besoin de nous ? Qui te dit qu’il n’y retournera pas demain, chez sa maîtresse ?
- Bon, si tu ne veux pas venir, j’y vais toute seule, lui rétorqua-t-elle agacée.
- J’arrive, j’arrive, laisse-moi enfiler mes bottes. Il fait froid dehors ?
Elle sortit la main par la fenêtre et répondit :
- Non, ça va, mais mets quand même ton bonnet. Avec zéro poil sur le caillou, tu risques d’attraper un rhume de cerveau. »
Il sourit, lui tapota les fesses et lui dit : « En route, moqueuse ! »

Ils sortirent tous deux, main dans la main. Le temps n’avaient rien changé à leur amour, et ils savaient qu’ils finiraient leur vie ensemble, à faire ce qu’ils avaient toujours fait : protéger les animaux de la cruauté des hommes.
Ce soir ils étaient partis sur les traces d’un écureuil un peu timbré, Fouduglen, qui s’était échappé de chez sa maîtresse pour aller voler des glands chez les habitants d’Astrub. Ce n’était pas la première fois qu’il s’enfuyait – et sûrement pas la dernière non plus. Pourtant, cette fois, Anne pensait qu’il avait peut-être été enlevé. Une intuition ? Oui, mais pas seulement. Cette fois, Fouduglen avait laissé toute sa réserve bien cachée au fond de son tronc d’arbre aménagé, sans même emporter ne serait-ce que la moindre petite noix de cajou.

Anne et Moe commencèrent donc leurs recherchent ce matin-là, en explorant les alentours de la forêt d’Astrub. Ils posèrent des affiches tous les 10 pas, firent le tour de chaque arbre, de chaque buisson… Moe en vint même à grimper jusqu’à la cime des châtaigniers pour voir si l’écureuil n’était pas là à se boulotter tranquillement des restes de fruits. Ne trouvant aucune trace de l’animal, ils retournèrent en ville. L’écureuil aimait se terrer près des maisons pour entrer par les fenêtres une fois que les habitants avaient le dos tourné. Ils recommencèrent à fouiller, fouiller et encore fouiller, pendant des heures. Jusqu’à ce que la nuit se mette à tomber.

- « Tu crois qu’il dort la nuit ? demanda Moe. Parce que s’il dort, on ne risque pas de le trouver ».
Anne ne répondit pas. Elle continua à chercher. Elle parcourait les ruelles, sans vraiment voir devant elle. Un voile de brouillard filtrait le moindre rayon de lune. Moe, lui, suivait, bougon. Encore une fois, sa femme n’abandonnerait pas avant d’avoir trouvé un indice, quelque chose, qui lui indiquerait que l’écureuil allait bien. Ne sommes-nous pas devenus trop vieux pour faire ça toute la nuit ? Avait-il envie de demander. Mais il ne dit rien et continua à regarder autour de lui.

Soudain, le couple entendit des voix provenant de la rue adjacente.
- « Beh t’vois qu’c’était pas dur ! J’te l’avais dit ! R’garde le il est tout rikiki ton bandit !
- La ferme, Perhuk, il faudrait pas qu’on se le fasse piquer maintenant. »
Anne et Moe ne pouvaient entendre que deux voix, mais le groupe semblait bien plus nombreux. Moe tendit l’oreille. Malgré son âge avancé, il avait toujours une très bonne ouïe. Il entendait des grognements, des pas, des bruits de bois qui craque. Et puis quoi aussi ... ? Il y avait autre chose. Ah ! Une cage, et des couinements. Un écureuil ! C’était forcément lui !

- « Anne ! chuchota-t-il. Je crois qu’il est avec eux ! J’ai entendu des petits bruits, des petits bruits d’écureuil je crois ! »

Ni une, ni deux, Anne s’avança vers l’étrange troupe. Une fois arrivée à leur niveau, elle se planta devant eux, avec son aplomb et son calme légendaires, et sonda le groupe des yeux. Il était bien là, le Fouduglen !

- « Laissez cet écureuil tranquille ! » cria-t-elle.

La troupe s’arrêta net, ébahie par l’audace de la vieille dame. Luann la toisa, s’avança jusqu’à être très, très près d’elle, et quand elle fut assez proche à son goût, elle répondit :
- « C’est le nôtre. Laisse béton mamie. »
Elle alla pour bousculer Anne, mais en un éclair, sans comprendre ce qu’il se passait, elle se retrouva par terre, avec Anne qui lui faisait une clé de bras.
- « Excusez-moi de recourir à ces méthodes jeune fille, mais maintenant vous allez m’écouter. »
Elle jeta un œil au reste du groupe. Hum. Ils pouvaient très bien lui faire sa fête s’ils voulaient. Deux abraknydes, un Iop, un craqueleur des plaines et un sanglier. Quel étrange rassemblement. Il fallait bluffer. Moe était derrière elle, prêt à intervenir en cas de besoin.
- « Si un de tes amis bouge, Moe leur mettra sa pelle dans le derrière. Et crois-moi, il s’est entrainé et ça fait mal.
- Mais qu’est-ce que vous nous voulez, bande de tarés ! Aie, ça fait mal ton truc là ! On l’a trouvé avant vous, barrez-vous ! »
La colère de Luann était telle que le sang lui montait à la tête. Mais cette vieille chouette avait de la poigne… Elle était coincée.
- « L’écureuil que vous avez capturé, où est ce que vous l’amenez ? interrogea Anne.
- A la milice. Il est recherché. On veut la prime. Mais vous pourriez pas me lâcher ?! Je vais rien vous faire ! » répondit Luann, sèche comme le désert.

Anne desserra son étreinte, et l’Osamodas s’extirpa de ses bras.
- « Bon. Qu’est ce que vous lui voulez à l’écureuil ? dit Luann en s’avançant vers la cage. On ne lui fait pas de mal, il doit juste payer pour ses crimes ! »
Moe, qui jusque-là observait, s’avança à son tour et pris la parole :
- « Quels crimes ? Il ne fait que voler des glands. Penses-tu qu’il mérite d’aller pourrir dans des geôles miteuses juste pour avoir voulu manger ?
- Ça, c’est pas mon problème, Papi, moi, c’est grâce à la récompense que je vais pouvoir manger. »
Moe leva les yeux au ciel et demanda :
- « Combien il te donne pour le ramener là-bas ?
- 245 kamas.»
Anne et Moe se regardèrent et éclatèrent de rire.
- « 245 kamas ? C’est tout ? Cela prouve bien que ce n’est pas un danger… Moe, tu entends ça ? 245 kamas ! Ma grande, en une journée de travail, tu aurais pu te faire le double. Qu’est ce qui t’a poussé à partir à la recherche de ce pauvre Fouduglen. Regarde le, regarde comme il a peur. Est-ce que 245 kamas vaillent la peine de faire souffrir cet animal ? »

Luann ne savait pas quoi répondre. Elle ouvrit la bouche, mais rien de mieux qu’un « M… mais » ne put sortir. Elle jeta un regard désespéré à Perhuk, mais le pauvre Iop était complètement perdu. Il n’avait de toute évidence rien compris à ce qu’il se passait, et ne comprendrait sûrement pas avant deux ou trois heures. Finalement, elle réussit à prononcer cette phrase :
- « Je sais pas pourquoi j’ai fait ça. C’est ce que je fais pour vivre, depuis cinq ans. Je sais faire que ça. »

En disant ces mots, des souvenirs lui revinrent en mémoire et son visage s’assombrit. Elle regarda Fouduglen, prostré dans sa toute petite cage, terrorisé. Elle n’était pas comme ça. Il fallait que ça change. En aurait-elle la force ?

Anne avait dû voir la détresse dans les yeux de la jeune fille, qui lui faisait étrangement penser à elle quand elle était plus jeune. C’est sûrement pour cela qu’elle lui fit une proposition :
- « Je double ta récompense si tu relâches Fouduglen, et Moe et moi t’offrons 1200 kamas par semaine si tu viens travailler pour nous. »
Moe, abasourdi, jeta à sa femme un regard intrigué. Mais il vit qu’elle était sûre de ce qu’elle faisait. Du coup, il ajouta :
- « Nous nous occupons des animaux maltraités. Il faudra que tu t’occupes d’eux au refuge et que tu nous aides lorsqu’on part en mission. Ce sera toujours mieux que de chasser les brigands avec ta bande de clampins, tu ne crois pas ? »

Luann réfléchit. Oui, ce serait mieux. Elle n’en pouvait plus des grottes et de Peruhk, qui avait la conversation d’une Moulmoule sêchée. Peut-être que c’était la solution. Mais pourquoi lui proposaient-ils ça à elle ? Il fallait qu’elle réfléchisse. Seule. C’est pourquoi elle répondit :
- « D’accord, je vous laisse Fouduglen. Pour le reste, je vais y réfléchir. Je ne vois pas ce que je pourrais vous apporter, en plus.
- -Ça, c’est à nous de voir. Tu m’a l’air robuste et je sais que les disciples d’Osamodas ont d’excellents rapports avec les bêtes. Ça fait longtemps que nous en cherchons un. Si tu te décides, viens nous voir dans notre arche. C’est un ancien bateau pirate que nous avons transformé en refuge, près du port de Madrestam. On aura même un lit pour toi. En attendant, nous allons ramener ce pauvre petit à sa maîtresse. Réfléchis bien ! »
Pendant que Moe attrapait Fouduglen, Anne tourna les talons et Luann les regarda s’en aller, perdue comme jamais dans ses pensées. Elle ne savait pas quoi faire. Peut-être que la nuit lui porterait conseil.

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Re: Fifty Shades of Luann

Message par Invité le Dim 9 Juin - 22:08

Ahaha trop cooouuul j'avais même pas vu

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Re: Fifty Shades of Luann

Message par Kthululuh le Jeu 13 Juin - 15:59

Genial tout simplement genial bravo:=oo:

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Re: Fifty Shades of Luann

Message par Luann le Sam 15 Juin - 20:47

Euh. Merci Sarto xD. C'est un peu trop mais bon. 

Je mettrai sûrement une suite quand j'aurais le temps... ça peut tarder un peu. D'ici octobre... :P

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